Stérilisation précoce

Stérilisation précoce

Ici, j'aimerais aborder le sujet controversé de la stérilisation précoce...
mes chatons de compagnie sont de préférence cédés stérilisés !
depuis 2006, je pratique la stérilisation précoce sur mes chatons et je n'ai eu jusqu'à présent que de bonnes expériences
Voici quelques informations sur le sujet en général, sur la stérilisation précoce en général et quelques réflexions du point de vue de l’éleveur.
Il n'existe aucune étude documentée et fiable prouvant que la stérilisation précoce nuit aux chatons, mais il existe bel et bien une étude montrant qu'elle n'a aucun effet négatif sur leur développement et leur vie.
La castration - mythes et légendes
"Avec l’aimable autorisation de CAT-CARE Tierhilfe Kassel e.V., www.cat-care.de".
Peu de sujets sont aussi controversés que la castration. Au détriment des animaux, ce débat est mené de façon très émotionnelle et souvent dans l’ignorance des faits. La confusion règne parmi les propriétaires, et même de nombreux vétérinaires ne sont malheureusement pas au fait des dernières recherches. C’est pourquoi les arguments suivants sont encore courants : les animaux doivent pouvoir s’épanouir, les chattes doivent se sentir comme « une vraie femme » et avoir des petits au moins une fois, et les mâles doivent pouvoir s’amuser !

Pourtant, l’accouplement n’a rien de romantique : la chatte séduit le mâle par des gestes provocants et se laisse saillir pendant environ 10 secondes, tandis que le mâle lui agrippe les épaules avec ses griffes et la nuque avec ses dents...
C’est pourquoi la femelle le griffe et le mord ensuite. La femelle ressent elle aussi de la douleur lors de l’accouplement. Le pénis du mâle est muni de petits crochets qui, lors du retrait, provoquent une douleur intense, semblable à une crampe. C’est cette douleur qui déclenche l’ovulation.
Et puis persiste encore la légende selon laquelle une chatte devrait avoir eu une portée au moins une fois, tandis que d’autres souhaitent vivre eux-mêmes ou faire vivre à leurs enfants le « miracle de la naissance ». À moins de garder tous les petits, on enseigne ainsi aux enfants l’irresponsabilité plutôt que le respect de la vie, car la surpopulation féline est énorme et la plupart des chatons ne trouvent pas de bon foyer !
Pourquoi castrer ?
La question le dit déjà : les femelles aussi sont castrées, et non stérilisées !
Le fait est que les chattes en chaleur subissent une forte charge hormonale, à laquelle seule une fécondation ou la castration peut mettre fin. Si l’animal vit exclusivement en appartement sans être saillie, il se produit une véritable « intoxication hormonale » : les chaleurs permanentes. Si vous faites saillir votre chatte, vous réduisez non seulement son espérance de vie et acceptez des dommages à sa santé dus à la sollicitation et à la déformation de l’utérus, mais vous aggravez aussi la misère féline déjà existante. Si l’animal sort librement, d’autres dangers le menacent : à la recherche d’un partenaire, il s’éloignera de la maison, traversera des routes inconnues et restera dehors jusqu’à en trouver un. Une femelle risque en outre de contracter lors de la saillie le virus mortel FIV (=sida du chat), transmis par la morsure à la nuque.
Les mâles non castrés s’enfuient généralement à la puberté, car ils parcourent souvent de nombreux kilomètres en suivant l’odeur d’une femelle. La plupart des animaux écrasés sont retrouvés pendant la période des amours ! En se disputant une femelle, les mâles s’exposent aussi à de violents combats avec d’autres mâles du territoire, qui les blessent souvent gravement et les infectent de maladies mortelles comme le FeLV (=leucose) ou le FIV (=sida du chat). Comme une chatte est généralement saillie par plusieurs mâles, le risque d’infection est aussi extrêmement élevé pour elle.
Les avantages de la castration

Pour les raisons exposées ci-dessus, il est dans l’intérêt de l’animal d’envisager une castration.
À ceux qui ne la jugent pas « naturelle », rappelons qu’une vie « naturelle » signifie pour le chat sauvage
de n’atteindre qu’un âge de 1 à 5 ans
et de mettre au monde le plus de petits possible au cours de sa courte vie, dont seulement un tiers survit. Pour tous les autres, voici les avantages en un coup d’œil :
Aucun symptôme de chaleurs
Aucun marquage malodorant
Moins de besoin de vagabonder
Moins d’agressivité

Un lien plus fort avec l’humain
Quasiment aucun risque de maladies hormonales comme les kystes, les tumeurs mammaires ou l’infection de l’utérus chez la femelle, ni de cancer de la prostate chez le mâle
Risque nettement réduit d’infection par le FeLV (= leucose) ou le FIV (= sida du chat) grâce à l’absence de morsures d’accouplement et de combats entre mâles
Une espérance de vie deux fois plus longue
Pas de chatons non désirés pour lesquels on ne trouve pas de foyer
Quand faire castrer mon chat ?
Il n’existe pas de moment idéal, mais bien une période idéale. Si votre chat doit sortir, il ne doit en aucun cas le faire sans être castré, car bien souvent on ne remarque la puberté que trop tard, c’est-à-dire quand la chatte s’est enfuie ou est gestante. En raison de l’intensité lumineuse accrue, les chattes entrent depuis quelques années en chaleur dès 4 - 5 mois en moyenne ! Certains vétérinaires refusent de castrer des animaux de 4 ou 5 mois et affirment que les chats ne sont pubères qu’à 6-8 mois et qu’avant rien ne peut arriver. Cette affirmation est tout simplement fausse !!
D’un point de vue médical, il n’existe en outre aucune raison de laisser l’animal avoir des chaleurs, et encore moins une gestation. C’est même le contraire : les deux nuisent à la santé de votre chatte. Contrairement à certaines rumeurs, il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du développement physique avant de castrer. La taille et la morphologie sont d’origine génétique. En principe, il est préférable de faire castrer le chat le plus tôt possible, car plus un animal est jeune, mieux il supporte l’opération.

Stérilisation précoce
Beaucoup d’arguments plaident pour une castration dès 3 ou 4 mois, pratiquée sans problème depuis des décennies dans d’autres pays et de plus en plus répandue chez nous. Si certains vétérinaires la refusent encore, c’est surtout par manque d’expérience opératoire sur des animaux de cet âge, pour lesquels la dose d’anesthésiant doit être adaptée très précisément au poids. Réalisée par un vétérinaire compétent, la stérilisation précoce présente de nombreux avantages :
L’opération est plus courte
L’anesthésie est plus courte et moins éprouvante
L’opération est plus simple, car les glandes sexuelles sont dégagées et pas encore recouvertes de tissu adipeux, d’où...
...moins de complications/saignements
L’animal se remet plus vite
Votre chatte ne pourra pas vous surprendre à 5 ou 6 mois avec sa première gestation, alors que quelqu’un vous avait assuré que ce n’était pas possible avant 7 mois...

La stérilisation précoce, un sujet controversé -
regard d’éleveur,
ainsi qu’expériences et résumé d’une étude américaine
Élever des chats implique avant tout une immense responsabilité envers la vie des chatons nés à la chatterie.
En tant qu’éleveur responsable, on ne cherche pour ses chatons que les meilleurs foyers, auprès d’amoureux des chats tout aussi responsables, à qui le bien-être des animaux tient autant à cœur qu’à soi-même.
Il est particulièrement important que les chatons puissent profiter d’une vie insouciante et en sécurité ; cela implique notamment de ne pas les confier pour une vie en liberté, car la probabilité qu’ils vieillissent réellement en bonne santé et que leurs propriétaires puissent en profiter toute une vie de chat est très faible.
Malheureusement, il existe aussi beaucoup de « moutons noirs » dans le milieu de l’élevage, qui font saillir et mettre bas leurs animaux non par amour mais pour des raisons purement commerciales, afin d’arrondir leurs fins de mois, voire de vivre des revenus tirés des animaux.
Ces soi-disant « éleveurs » n’accordent aucune importance à la santé, à la socialisation, à une alimentation de qualité ni au suivi vétérinaire : il s’agit seulement de produire des animaux en série au moindre coût et de les vendre le plus tôt possible (souvent dès 6-8 semaines) avec la plus grande marge possible. Des chats croisés sont aussi souvent proposés selon les mêmes critères. Les mères sont alors généralement saillies plusieurs fois par an et réduites à des machines à reproduire.

Ce n’est un secret pour personne que nos refuges débordent et que de nombreux chats doivent tôt ou tard être euthanasiés, parce que plus personne n’en veut ou parce qu’ils sont devenus inadoptables après plusieurs changements de propriétaires et les dommages psychiques et/ou physiques subis au cours de leur vie souvent courte.
En tant qu’éleveurs, on nous reproche souvent d’être irresponsables, car nous aggraverions la « misère féline » et contribuerions à remplir les refuges de chats abandonnés, « déchets de la société de consommation ».
Pour être vraiment sûr qu’aucun chaton ne finisse un jour dans un élevage clandestin, à végéter comme machine à reproduire ou étalon rentable, il est conseillé de faire stériliser les chatons précocement à l’âge de 12 semaines. Ils ne présentent alors plus d’intérêt pour d’éventuels éleveurs clandestins, puisqu’ils ne peuvent servir à la reproduction de chats de race ou croisés.
Malheureusement, beaucoup de gens en Allemagne croient encore que les chatons stérilisés précocement auraient plus tard des problèmes de santé : mâles souffrant d’infections urinaires, animaux restant plus petits que leurs congénères castrés plus tard, etc.
C’est faux !
Découvrez à ce sujet les résultats d’une étude de la Winn Feline Foundation américaine.
En Allemagne, comme si souvent en comparaison internationale, nos connaissances en matière de maladies, de vaccinations, de tests, d'alimentation, etc. en sont encore à leurs balbutiements. La stérilisation précoce est pratiquée depuis plus d'une décennie aux États-Unis et dans d'autres pays européens, sans le moindre inconvénient.
En Allemagne, il n'existe malheureusement encore que peu d'éleveurs et de vétérinaires qui prennent la peine de se pencher sur ce sujet délicat. Heureusement, de nombreux refuges ont désormais commencé à faire stériliser les chatons dès l'âge de 7 semaines, afin de s'assurer que ces chatons n'auront pas eux-mêmes plus tard une descendance qui viendrait encore grossir l'afflux de chats dans les refuges.

Voici le déroulement d'une opération de stérilisation chez les jeunes animaux :
Dernier repas environ 12 heures avant l'opération, la veille au soir.
Avant l'opération, les chats passent un bilan de santé et sont pesés afin de doser l'anesthésique.
L'anesthésie est administrée et les chatons s'endorment profondément en quelques minutes. Pour l'opération, ils sont installés sur un coussin chauffant afin de maintenir leur température corporelle constante.
Les petits mâles reçoivent une petite incision au niveau du scrotum, les testicules sont séparés des canaux déférents et entièrement retirés.
Les petites femelles sont incisées sur le côté, les trompes sont ligaturées, sectionnées et retirées. Cette intervention est la plus difficile pour les vétérinaires, car les organes des petites femelles sont encore très petits et peu développés. Il faut donc un certain doigté et une bonne technique. C'est apparemment pour cette raison que de nombreux vétérinaires n'osent pas encore pratiquer cette opération. C'est pourtant difficile à comprendre, car de nos jours on stérilise aussi les cochons d'Inde, les lapins, les rats et d'autres petits animaux, chez qui retirer les organes devrait être encore plus difficile.
L'opération dure environ 10 minutes chez les petits mâles et environ 20-30 minutes chez les petites femelles.
L'anesthésie est dosée au plus juste et les chatons se réveillent peu après la fin de l'opération. Environ 1 heure plus tard, ils reçoivent encore une injection d'antidouleur pour atténuer les douleurs de la plaie, et environ 2 heures après l'opération, ils peuvent rentrer à la maison.

Les chatons supportent la stérilisation bien plus facilement que les adultes !
Les chats adultes souffrent généralement pendant plusieurs jours des suites de l'anesthésie et des douleurs de la plaie. Ils restent nettement plus longtemps calmes et se ménagent davantage.
Autre grand avantage : les futurs parents de chats n'ont pas à s'inquiéter pour leur protégé à cause de l'opération. En effet, beaucoup de propriétaires repoussent sans cesse le rendez-vous, car ils ne supportent pas l'idée d'imposer une opération à leur animal ou de le voir souffrir ensuite.
Avec un chaton stérilisé précocement, cette expérience désagréable vous est épargnée et vous accueillez un chaton en pleine santé et heureux, qui vous apportera beaucoup de joie.
Si vous êtes encore sceptique ou souhaitez simplement en savoir plus sur la stérilisation précoce, je vous propose ici de découvrir une étude américaine sur le sujet, initiée par la Winn Feline Foundation, une organisation renommée aux États-Unis qui finance et mène des recherches sur les chats. Ce résumé a été rédigé en anglais par Diana Curden, Ph. D.
Stérilisation précoce des chats - Étude de la Winn Feline Foundation
Le concept de stérilisation précoce (c'est-à-dire avant que le chat n'atteigne la maturité sexuelle) est loin d'être nouveau.
Au début du XXe siècle, la stérilisation précoce était la règle, et les inquiétudes concernant d'éventuels effets secondaires négatifs d'une telle opération ne sont apparues que bien plus tard. Aujourd'hui, la plupart des experts reconnaissent qu'il n'existait jusqu'ici pas suffisamment de données scientifiquement établies pour déterminer l'âge idéal de la stérilisation.

Jusqu'à récemment, aucun résultat de recherche ne confirmait ni ne réfutait la théorie concernant la stérilisation d'un chien ou d'un chat âgé de moins de 5 à 8 mois. D'ailleurs, l'un des chercheurs dans ce domaine souligne que de nombreux vétérinaires pratiquent la stérilisation précoce depuis longtemps, car l'âge auquel chats et chiens atteignent la maturité sexuelle varie énormément.
Les vétérinaires pour grands animaux pratiquent depuis longtemps la stérilisation précoce sur le bétail et la jugent non seulement acceptable, mais dans bien des cas souhaitable. Avant même que l'on ne s'inquiète du nombre sans cesse croissant d'animaux de compagnie non désirés, il existait de nombreuses raisons scientifiquement fondées de stériliser.
Les femelles stérilisées sont protégées contre le cancer et les infections de l'utérus.
Chez les mâles, la castration réduit le risque de cancer des testicules et d'hypertrophie de la prostate ainsi que des infections qui y sont liées.
Du point de vue du propriétaire, un animal stérilisé est un bien meilleur compagnon. Il est d'une part moins agressif et d'autre part plus affectueux que ses congénères non stérilisés. N'étant pas soumis à l'instinct de reproduction, il fugue et se bat moins souvent.
Jusqu'à récemment, les études sur les conséquences à court et à long terme de la stérilisation précoce faisaient cruellement défaut.
Bien qu'il existe de nombreux témoignages sur la stérilisation précoce, ces cas n'étaient pas probants d'un point de vue scientifique.
La plupart concernaient des animaux accouplés au hasard, non apparentés et d'origines complètement différentes, sans aucune tentative de contrôler ces différences.

Il n'y avait que très peu d'études universitaires dans ce domaine. M.A. Herron de Texas A&M a rapporté en 1972 qu'une stérilisation avant la maturité sexuelle n'avait qu'un effet relativement faible sur le diamètre de l'urètre chez les mâles. Plus récemment, des études ont été menées à l'Angell Memorial Hospital de Boston, au College of Veterinary Medicine de l'Université du Minnesota et au Department of Small Animal Clinical Sciences de l'Université de Floride.
Le projet en Floride s'est déroulé de 1991 à 1992 et a été financé par la Winn Feline Foundation en collaboration avec l'American Veterinary Medical Association (Association américaine de médecine vétérinaire). On a cherché autant que possible à réduire les différences d'origine médicale et génétique.
Les chatons ont été élevés spécialement pour l'étude et les frères et sœurs de portée ont été répartis en trois groupes.
Les mères des chatons ont été saillies et hébergées en quarantaine, car l'alimentation et d'autres facteurs, avant comme après la naissance, peuvent influencer la taille finale, le poids et l'état de santé général.
Le Dr Mark Bloomberg affirme que, même si l'étude des effets à long terme n'est pas encore entièrement terminée, les premiers résultats sont extrêmement positifs. Avant de mener l'étude pour la Winn Foundation, le Dr Bloomberg avait achevé une étude similaire sur des chiens. Les animaux de cette étude ont été suivis pendant cinq ans sans qu'aucun effet secondaire négatif ne soit signalé.
L'étude de la Winn Foundation portait au total sur 31 chatons à poil court issus de 7 portées, nés sur le campus de l'université de Gainesville.
Les chatons ont été répartis en trois groupes :
Groupe 1 : 11 chatons, stérilisés à l'âge de 7 semaines

Groupe 2 : 11 chatons, stérilisés à l'âge de 7 mois
Groupe 3 : un groupe témoin de 9 chatons, stérilisés seulement après leur pleine maturité et à la fin de la première phase de l'étude (12 mois)
Les chercheurs ont rapporté que les opérations des chatons du groupe 1 se sont déroulées simplement et sans incident, et que ces chatons se sont rétablis plus vite que ceux des groupes 2 et 3.
Le Dr Bloomberg a fait remarquer à ce sujet que, bien qu'il existe très peu de documentation sur l'anesthésie des jeunes animaux, les jeunes enfants sont en général de très bons patients en médecine humaine, et qu'il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement chez les chats et les chiens.
Les principales difficultés lors d'opérations sur de jeunes animaux sont le maintien de la température corporelle, le bon dosage des anesthésiques, l'appareil respiratoire n'étant pas encore totalement développé, et le maintien d'un taux de glycémie correct.
Les chercheurs ont mis les chatons du groupe 1 à jeun moins longtemps avant l'opération que ceux des autres groupes et, par précaution, leur ont donné de petites quantités de Karo Syrup (un sirop très riche en glucose) avant l'anesthésie. Précisons également que la procédure habituelle de réduction des anesthésiques en fin d'opération a été légèrement modifiée en raison du rétablissement plus rapide des jeunes animaux.
Les détracteurs avancent plusieurs effets secondaires possibles de la stérilisation précoce.
On considère généralement que les animaux stérilisés sont moins actifs et plus enclins à l'embonpoint que les animaux non stérilisés.

On dit aussi qu'une stérilisation à un âge précoce entrave la croissance normale. Chez les mâles en particulier, on craignait qu'elle n'influence le développement des voies urinaires et n'entraîne davantage de cystites et d'inflammations urinaires. On craignait en outre qu'elle n'ait des effets sur le comportement, la prise alimentaire, les besoins nutritionnels et autres.
Les chercheurs se sont efforcés de répondre à la plupart de ces questions en étudiant certaines données dans les trois groupes. Ils ont notamment observé : - le poids et la composition corporelle (par ex. pourcentage de graisse corporelle) ; - la longueur des os et l'âge auquel les os longs cessent de croître ; - le comportement ; - la prise alimentaire ; - le développement des voies urinaires ; - et le développement des caractères sexuels secondaires ainsi que le degré de maturité sexuelle.
La comparaison du poids a révélé des différences entre les trois groupes.
Les mâles pesaient en principe plus que les femelles, ce qui était toutefois identique dans tous les groupes.
Les analyses de la composition corporelle et de la graisse ont montré que les valeurs des groupes 1 et 2 étaient identiques et généralement plus grasses que celles des chats du groupe 3. Les chercheurs soulignent qu'à 12 mois, les mâles du groupe 3 présentaient déjà des caractéristiques normales de mâles adultes, comme une perte de poids et le développement des bajoues, ce qui explique en partie la différence. Des examens ultérieurs ont en outre montré que l'écart de poids entre les groupes diminuait de plus en plus. Tous les chats ont été placés dans des foyers choisis, sous une certaine surveillance, et sont plus actifs dans leur nouvelle maison que sur le campus. Un examen de suivi devait avoir lieu au bout de trois ans, en mai 1994.
Observations au cours de l'étude
Il n'y avait globalement aucune différence de prise alimentaire entre les chats des trois groupes, si ce n'est que dans tous les groupes il existait des différences entre mâles et femelles.
Aucune différence de vitesse de croissance n'a été constatée entre les trois groupes, bien que les mâles aient grandi plus vite dans tous les groupes.

On a observé que les os longs des mâles et des femelles des groupes 1 et 2 devenaient plus longs. La raison semblait être que, chez les chats des groupes 1 et 2, les os cessaient de grandir plus tard.
C'est aussi ce qui explique pourquoi les chats stérilisés précocement sont souvent plus grands (plus hauts et plus longs) que les chats non stérilisés ou stérilisés plus tard. Cela semblait être particulièrement le cas chez les mâles. À sept mois, avant la stérilisation, les chats du groupe 3 étaient nettement plus agressifs et en outre moins affectueux que les chats des groupes 1 et 2.
Contrairement à l'opinion répandue, les chats stérilisés étaient tout aussi actifs que les chats non stérilisés.
Les observations du développement des voies urinaires n'ont montré aucune différence entre les trois groupes, hormis les différences liées au sexe, qui restaient toutefois constantes dans tous les groupes.
Les chercheurs ont mesuré le diamètre de l'urètre uniquement chez les mâles des trois groupes et n'ont constaté aucune différence.
On craignait qu'une stérilisation précoce n'entraîne un diamètre plus faible, ce qui pourrait provoquer une apparition plus fréquente de kystes et des problèmes associés. Cela ne semble pas être le cas.
Les plus grandes différences entre les groupes ont été constatées en comparant les caractères sexuels secondaires.
Les mâles ont été examinés pour détecter des différences dans le développement du pénis, du prépuce et des spicules péniens.

Les spicules péniens n'étaient pas du tout développés chez les mâles du groupe 1, peu développés chez ceux du groupe 2 et normalement développés chez ceux du groupe 3. L'examen des femelles a révélé que la vulve des femelles des groupes 1 et 2 était plus infantile que celle des femelles du groupe 3.
Aucune de ces différences n'a posé de problème lors de la pose d'un cathéter. Les craintes que la stérilisation précoce nuise au développement des voies urinaires étaient manifestement infondées.
Les résultats de cette étude montrent jusqu'à présent que les différences entre les chats des groupes 1 et 2 sont négligeables.
Bien que les différences entre les chats des premiers groupes et ceux du groupe 3 soient en partie statistiquement significatives, elles ne semblent pas avoir d'effet négatif sur la santé des chats.
Tout indique clairement que la stérilisation précoce n'est pas nocive pour la santé, même si cela doit encore être confirmé par des études de suivi à long terme.
Du point de vue des refuges, et face au problème des naissances non désirées, ces résultats sont encourageants.
Si tous les animaux adoptés dans les refuges, chiots et chatons compris, sont stérilisés avant l'adoption, le nombre d'animaux euthanasiés chaque année devrait baisser en conséquence. Les résultats du comté d'Alachua, près de l'Université de Floride à Gainesville, semblent confirmer cette théorie.
Les services de fourrière du comté d'Alachua collaborent avec les chercheurs de l'université et pratiquent la stérilisation précoce depuis 1990. Aucun animal ne quitte le refuge sans avoir été stérilisé au préalable.

En 1987, dans le comté d'Alachua, 1250 chiens et chats étaient euthanasiés chaque mois. Depuis l'introduction de la stérilisation précoce, ce nombre est tombé à 940 par mois ; par ailleurs, aucune hausse de la mortalité liée aux stérilisations précoces n'a été constatée.
Ces dernières années, la sécurité et l'efficacité de la stérilisation précoce ont été de plus en plus reconnues.
L'American Humane Association considère la stérilisation précoce avant l'adoption en refuge comme une solution appropriée pour réduire la surpopulation des animaux de compagnie et la tragédie des décès qui en découlent.
En juillet 1993, les délégués de l'American Veterinary Medical Association ont voté en faveur du principe de la stérilisation précoce.
Des travaux réalisés par des vétérinaires de l'Angell Memorial Hospital pour la Society for the Prevention of Cruelty to Animals (Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux) confirment les observations du Dr Bloomberg. Parmi les autres organisations qui appliquent un programme de stérilisation précoce figurent la Denver Dumb Friends League au Colorado, la Miami Humane Society et Alachua County Animal Control en Floride, The Humane Society of Austin and Travis County au Texas, la Chicago Animal Control dans l'Illinois, la King County Animal Control dans l'État de Washington, la Vancouver SPCA en Colombie-Britannique et la Southern Oregon Humane Society dans l'Oregon.
La Dekalb Humane Society à Decatur, Collie Rescue of Metro Atlanta, la Georgia Alliance of Purebred Canine Rescuers, The Haven et Dog River Sanctuary à Douglasville sont quelques-unes des organisations de Géorgie qui pratiquent la stérilisation précoce chez les chiens, les chats et les espèces exotiques.
La Cat Fanciers’ Assocition (CFA) a modifié son règlement d'exposition afin que les chatons stérilisés puissent désormais participer aux expositions. De nombreux éleveurs de chats de race travaillent avec leur vétérinaire et font stériliser les chatons de compagnie avant leur départ dans leur nouveau foyer. Ces éleveurs se disent très satisfaits de la stérilisation précoce. Les nouveaux propriétaires de ces chatons de compagnie apprécient, grâce à la stérilisation précoce, de ne pas avoir à se soucier de l'opération ni des frais liés à une stérilisation ultérieure.
Tout comme les refuges, les éleveurs n'ont donc pas à craindre que les chatons pour lesquels ils ont trouvé un nouveau foyer aggravent à l'avenir la surpopulation des animaux de compagnie.

"Avec l’aimable autorisation de CAT-CARE Tierhilfe Kassel e.V., www.cat-care.de".

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